Spider-Man nous a baisé le cerveau
11-04-2026
Dieu sait que j'aime Peter Parker. Vraiment.
Mais je dois dire que tous ces films de super-héros nous ont implanté une vision du monde complètement simpliste, presque vicieuse… et j'ai l'impression qu'elle n'a pas du tout l'intention de nous laisser tranquille tellement elle est séduisante.
Qui ne voudrait pas d'un monde aussi simple qu'un Marvel ?
Un monde où il suffit d'abattre le méchant pour que tout redevienne parfait. Un monde où le mal a un visage clair, une cause identifiable, une cible à éliminer.
En grandissant, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai commencé à voir ce même schéma des “gentils contre les méchants” se répéter partout :
- les pauvres contre les riches
- les hommes contre les femmes
- les blancs contre les noirs
- la gauche contre la droite
À chaque fois, c'est la même mécanique. On crée un groupe, et dès qu'on crée un groupe… on crée un ennemi. Et certaines personnes l'ont très bien compris.
C'est puissant, efficace, et surtout terriblement séduisant. Parce que ça simplifie tout : ça enlève le doute, la complexité, et surtout la responsabilité de l'individu.
Dans ce monde-là, il suffit de pointer du doigt le groupe adverse pour se sentir du bon côté, sans jamais avoir à se regarder soi-même.
Mais j'ai l'impression que notre monde ne fonctionne pas comme ça. Et c'est là que ça devient inconfortable.
Parce qu'en réalité, on porte tous le bien et le mal en nous. On contribue tous, individuellement, à rendre le monde un peu meilleur… ou parfois un peu pire.
On a tous déjà dit quelque chose qu'on regrette, ressenti de la jalousie, eu honte d'un comportement, menti, ou même ressenti une forme étrange de satisfaction face au malheur de quelqu'un. On est tous capables du pire comme du meilleur.
Et ça, c'est beaucoup moins agréable à accepter que de désigner un méchant à l'extérieur.
Parce que c'est plus facile de dire "eux, c'est le problème" que de reconnaître "il y a aussi du chaos en moi".
(C'est sûrement une des choses les plus dures que j'ai dû accepter vers mes 18 ans)
On préfère un monde avec des gentils et des méchants qu'un monde où chaque personne est différente et complexe. Parce que dans ce monde-là, il n'y a plus de solution simple.
Et c'est peut-être ça, le vrai problème : dans la réalité, c'est moins simple.
Parce que dans la vraie vie, "faire le bien" ça ressemble à des choses presque banales : faire son lit, prendre soin de sa santé, rappeler sa grand-mère, dire enfin ce que tu gardais sur le cœur depuis des semaines, être honnête quand c'est inconfortable, s'excuser quand on a merdé.
Et je pense qu'on sous-estime énormément ça.
On a parfois l'impression de "faire le bien" en dénonçant, en pointant du doigt, en s'indignant (et parfois, oui, c'est nécessaire). Mais dans la grande majorité des cas, c'est beaucoup plus facile de s'indigner du monde à l'extérieur plutot que de corriger ce qu'il se passe à l'intérieur de nous.
Regarder ses propres zones d'ombre, c'est inconfortable. C'est pas stylé, pas valorisé, pas spectaculaire. Mais c'est là que tout commence.
Essayer d'être un peu plus juste aujourd'hui qu'hier. Un peu plus honnête. Un peu plus courageux. Pas parfait. Juste un peu mieux.
Et si on faisait tous ça ? Vraiment.
Est-ce que le monde ne serait pas déjà un peu meilleur ?

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